Église

ÉGLISE SAINT-PIERRE-ÈS-LIENS (Intérieur)

L’église de Néré fût donnée aux Bénédictins de Saint-Jean-d’Angély en 1070 par Guillaume, duc d’Aquitaine.

La Seigneurie ayant été attribuée à l’abbé, il y avait en 1540, une maison noble pour le révérent Père Abbé, avec treuil, grange, faye, jardin. Au XVIIème, il ne restait plus que la faye et la grange.

L’église du XIIème siècle, inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le 18 Février 1925, a été profondément remaniée aux XIVème et XVème siècles. Elle a la forme d’une croix latine avec nef, chœur et transept. La façade occidentale est percée d’une porte gothique du XIVème relativement étroite (réemploi ou intention défensive aux ornements tréflés dont les gros boudins reposent sur des chapiteaux de feuillages fortes par des colonnes. Au-dessus, un oculus est orné d’éléments gothiques. Deux contreforts d’angle limitent cette façade.

La nef se compose de deux travées, séparées par deux colonnes romanes à chapiteaux très frustes, on remarque le départ de la voûte primitive depuis longtemps disparue (guerre de cent ans ou guerre de religion?) et récemment remplacée par un voûtage en châtaigner. Sur le mur de gauche, traces d’une baie murée qui ne paraît pas de l’extérieur, chapiteaux ornés de têtes. Sur ce mur de droite traces de peintures anciennes, portes murées qui donnaient accès à l’ancien château.

La croisée du transept couverte par une coupole sur pendentifs, sur laquelle repose le clocher, à triple rouleaux du côté de la nef, à deux rouleaux pour les trois autres côtés, retombent sur des faisceaux de six colonnettes aux chapiteaux sans ornements au Sud, au Nord chapiteaux avec têtes, crochets et coquilles.

Le clocher, au niveau de la toiture de la nef est orné sur chacune de ses faces, de trois arcatures en arc brisé. Au-dessus, une corniche est portée par des modillons. L’étage suivant est percé sur chaque face, de trois fenêtres romanes, encadrées de colonnes dont les chapiteaux sont épannelés et les abaques se continuent en un cordon sur le nu du mur. Au-dessus de ces fenêtres, une corniche soutenue par des modillons. Le clocher se terminait là et était couvert d’un toit plat. En 1860, il fût surhaussé de six mètres pour porter une flèche en charpente couverte d’ardoises. Suite à la tempête de 1972, le troisième étage a été supprimé et le clocher a retrouvé son aspect primitif, celui de roman saintongeais. Pour y accéder un escalier de 65 marches. La cloche est datée de 1677 et porte l’inscription suivante

« IH MARIA SAINT PIERRE ORA PRO NOBIS, PARRAIN VALLENTIN DU RAYNYIER DE DROVET, CONSEILLER DU ROY, ABBE COMMANDATAIRE DES ABBAYES DE SAINTES. IH MARIE, MAGDELEINE AUSMONIER, ORDINAIRE DU ROY ».

Seigneur temporel et spirituel de la Chastellanie de château-Dan et de Saint-Jean-d’Angéri. Chambre abbatiale de la ditte abbaye de Saint-Jean-Terre et Seigneurie presvotalle de Neyré messire Jean MAIGRE, prieur, curé de Neyré (1677), refondue en 1981 par l’entreprise Bolle Martin d’Orléans, à l’identique – Poids 220 Kg.

Le transept Sud est ordonné dans chaque angle d’une colonne romane, est vouté en cintre brisé. Il est pourvu d’une absidiole en cul de four, encadrée de trois colonnes, dont les chapiteaux sont des feuillages, une tête grotesque et un oiseau. Dans cette absidiole se dresse une statue en pierre du XIVème siècle, quelque peu endommagée d’une hauteur de 135cm, retrouvée au début du XXème siècle enterrée près de l’ancien presbytère (à côté de la poste actuelle), monument historique en date du 15 avril 1980, représentant la Vierge à l’enfant (manque l’enfant Jésus).

Le transept Nord est semblable au transept Sud. Dans l’absidiole, cette cuve baptismale datée de 1738. Sur le mur lui faisant face crucifixion classée monument historique le 08 Mars 1994, comprenant le Christ avec une expression infiniment douloureuse, la Vierge les mains croisées sur la poitrine regarde le Christ, à droite Saint Jean l’évangéliste. Les robes sont amples. Les manches et la coiffure de la Vierge rappellent les vêtements du XVIème siècle. Œuvre de l’inconnu qui les fit avec sa foi et y mit toute l’ardeur de son cœur.

Le chœur, qui se termine par chevet plat avec un fenestrage gothique, vitraux de 1885, (Saint-Pierre miraculeusement libéré à gauche et recevant les clés à droite) don d’une famille (BOUREY) de Néré se compose de trois travées limitées par des colonnes du XIVème à bases et à chapiteaux prismatiques sur lesquels reposent les formerets et les croisées d’ogives dont les moulures sont en bétons. À chaque extrémité de ces travées, ces nervures reposent sur des culots prismatiques. Les deux dernières travées sont percées de hautes fenêtres gothiques, qui étaient bouchées et qui ont été réouvertes récemment avec vitraux modernes en harmonie avec ceux de la baie géminée. Un ban de pierre, partiellement enfoui court tout au long et un lavabo est ouvert dans le mur Sud. Il reste à voir le Maître autel dont le retable est richement sculpté et surmonté ce qui n’est pas fréquent, d’une statuette représentant le Christ ressuscité.

ÉGLISE SAINT-PIERRE-ÈS-LIENS DE NÉRÉ (Extérieur)

Coté Nord :

La façade Nord est flanquée d’un transept avec contrefort d’angle. Une porte en plein cintre a été percée dans cette façade et à la partie supérieure, on remarque les restes d’une fenêtre romane ornée d’un gros boudin et encadrée d’importantes colonnes. On remarque dans l’angle du transept et de la face Nord de la nef, les vestiges d’un gros pilier roman, formé d’une grosse colonne, flanquée de deux plus petites. Sur la façade Nord du transept, un autre reste de colonne romane. La partie de la façade Nord, entre le transept et le chevet, est flanquée de deux contreforts gothiques et d’un contrefort d’angle de la même époque. Entre ces contreforts deux très hautes fenêtres récemment réouvertes.

Coté Sud :

Entre le transept et la nef certains vestiges montrent que l’ancien château touchait l’église. Les dernières démolitions ont été faites au début du XXème siècles. (par Monsieur Camille COLLINET)

Coté Est :

On peut voir une petite baie borgne au-dessus de la grande baie géminée.

LE CALVAIRE

Le Christ : H 132cm

La Vierge et St-Jean : H 120cm L : 36cm prof : 27cm.

L’artiste a taillé dans un bloc de bois un Christ auquel il a voulu donner une apparence raide et dominatrice. Aujourd’hui, ce Christ est placé sur une croix de chêne, remplaçant l’ancienne croix vermoulue et rapiécée par des planches. Le suppédaneum a disparu, le crucifié étant tenu par un fer planté au niveau de son dos. La vierge a les mains croisées sur la poitrine, regarde le Christ, avec une expression infiniment douloureuse. St Jean se tient de l’autre côté, il a subi une altération de la sculpture au niveau des doigts. Les polychromies ont été refaites pour le moins. Pour les vêtements de la Vierge et de St Jean le XVIIIème siècle est à exclure. En effet, les robes amples, les manches ainsi que la coiffure de la Vierge rappellent les vêtements du XVIème siècles.

LE CLOCHER

Suite à la tempête de 1972, la charpente du clocher a été refaite par une entreprise de Saint-Jean-d’Angély. Elle a été préparée sur la place de l’Église, les grosses poutres ont été taillées à l’herminette, puis elle a été démontée, remontée et installée sur le clocher.

Pour accéder au clocher au sommet de l’édifice, nous empruntons un escalier en tourelle latérale. Là commence l’ascension de 65 marches (avant la restauration du clocher il y en avait 72) étroites, usées et appuyées sur des piles disjointes ça et là des meurtrières (laissent apercevoir un mur d’un mètre d’épaisseur) amenant une légère clarté et certainement disposées pour la défense commune du château. Dans cette tour se trouve la cloche, la seule qui a survécu. Ce fut l’abbé commanditaire de Saint-Jean-d’Angély qui assista comme parrain au baptême des deux cloches que possédait l’Église. Dans tous les cas, celle qui reste parait être un don du parrain, à en juger par la signature. La deuxième a disparu en 1792.

LES VITRAUX

Datant de 1885 ils sont le don d’une dame pieuse Mme BOURCY. Ils reproduisent l’allégorie de Saint-Pierre-ès-liens, patron de l’Église de la paroisse. L’un rappelle la captivité de l’Apôtre, l’autre sa délivrance angélique. En 2002, il a été procédé à la réouverture des 4 baies du Chœur, qui avaient été murées, afin d’apporter un peu de lumière à l’intérieur de l’édifice. Des vitraux géométriques en verre antique aux tonalités chaudes ont été créés. Ces quatre verrières gothiques composées chacune de deux lancettes entre meneau de pierre. Hauteur totale : 6m50, L : 1m40.

AUTEL ET RETABLE

Hauteur : 3.10m, L : 2.58m, Profondeur : 0.95m

C’est un ensemble en bois peint et doré à la bronzine. Le tabernacle est complet date probablement de la fin du XVIIème siècles et est en bon état de conservation. Sur les ailes nous pouvons voir la Vierge et l’ange Gabriel et sur le corps central Pierre, Paul et la Christ ressuscité puis au-dessus le Christ vainqueur (manque l’étendard). L’autel peut-être un peu plus récent a été fermé au revers pour être tardivement aménagé en placard. Une demande de classement a été réalisée par M. BOISSIERE (ABF) en 1997, mais malheureusement il n’y a pas eu de suite.

LA VIERGE

Statue en pierre trouvée par hasard dans le sol à proximité de l’ancien presbytère, peut dater du XIVème. H : 1.65m, L : 0.54m, Profondeur : 0.33m.

CUVE BAPTISMALE

Elle date de 1738. Le couvercle est en bois moderne.

AUTEL

Au solstice d’été, le 21 Juin entre 20h35 et 20h55 (heure légale). Le soleil face à l’oculus au-dessus de la grande porte illumine de ses rayons le grand autel, sauf le Christ vainqueur. Le 09 Juillet, entre 21h et 21h05, le Christ vainqueur est illuminé.

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